Après la Toussaint, des tonnes de chrysanthèmes sont destinées à la poubelle : c’est le constat présenté par la commune belge d’Erquelinnes dans son projet de récupération. C’est dommage : cette vivace peut vivre plusieurs années au jardin comme en pot, refleurir chaque automne et même se multiplier par bouturage. La clé tient à quelques gestes simples entre novembre et le printemps, qui diffèrent selon que la plante est en pleine terre ou en contenant.
Comprendre la plante avant de la garder
Le chrysanthème des fleuristes est une vivace à souche rhizomateuse. Après la floraison, la partie aérienne fane naturellement, mais la souche reste vivante et repartira au printemps si elle a passé l’hiver sans excès d’eau ni gel sévère. En somme, ce n’est pas une annuelle jetable mais une plante de massif au même titre qu’un aster ou une sédum. Sa rusticité varie selon les variétés : les chrysanthèmes de jardin à petites fleurs sont nettement plus endurants que les grosses pomponnettes de fleuriste, surtout en pot où les racines gèlent plus vite.
En pleine terre : nettoyer, raccourcir, pailler
Si vos chrysanthèmes sont en massif, l’hivernage est léger. Attendez la fin complète de la floraison puis rabattez les tiges à une dizaine de centimètres du sol, sans toucher aux jeunes pousses de base qui apparaissent parfois dès l’automne. Cette taille évite que les tiges fanées ne pourrissent sur place et ne contaminent la souche. Ne coupez pas à ras en plein hiver : la moelle des tiges peut guider l’eau jusqu’au cœur de la plante.
Deuxième geste : un paillis de 5 à 10 centimètres au pied, feuilles mortes broyées, paille ou BRF, sans coller le paillis contre le collet. Le but n’est pas de chauffer mais d’amortir les alternances gel-dégel qui déchaussent les jeunes souches. L’excès d’eau et le gel peuvent tous deux compromettre la survie, selon la variété et les conditions. Si votre terre est argileuse, surveillez les zones basses et améliorez le drainage au printemps avec du compost et du sable grossier.
En pot : la version frileuse
En contenant, la motte gèle beaucoup plus vite qu’en pleine terre, et c’est là que la plupart des chrysanthèmes de la Toussaint disparaissent. Trois options selon votre climat. Dans les régions douces, laissez le pot dehors contre un mur abrité, surélevé sur des cales pour garantir l’écoulement, et rentrez-le seulement lors des fortes gelées annoncées. En climat intermédiaire, rentrez les pots dans un endroit frais, lumineux et hors gel, comme un garage bien éclairé, une véranda ou une serre froide. En montagne ou au nord-est, la conservation en châssis froid ou en cave lumineuse est la plus sûre.
Vérifiez régulièrement le substrat et apportez un peu d’eau lorsqu’il sèche en surface, sans le détremper. Trop d’eau en hiver, et la souche pourrit avant même que vous ne vous en aperceviez.
Au printemps : rempotage, division et bouturage
Dès mars-avril, quand les pousses repartent, c’est le moment de rajeunir la plante. En pot, rempotez dans un mélange frais en supprimant les racines mortes. En pleine terre, les touffes de plus de trois ans gagnent à être divisées : on détache les rejets périphériques, les plus vigoureux, et on les replante aussitôt. Les boutures de tiges tendres prélevées au printemps s’enracinent facilement dans un mélange léger sous simple protection, à la manière des boutures d’automne d’arbustes décrites dans Bouturer en automne : sauge, romarin, groseillier et cassissier, avec une saison de décalage.
Pensez aussi au pincement : pincer l’extrémité des tiges deux ou trois fois entre mai et juillet donne des touffes denses et plus florifères, au lieu de grands tiges clairsemées qui couchent au premier coup de vent d’automne.
Et pour l’année prochaine ?
Un chrysanthème conservé peut refleurir à l’automne suivant, selon sa variété et les conditions de culture. En l’installant au jardin plutôt qu’en pot sur la tombe ou le balcon, vous lui offrez une seconde vie de massif, aux côtés des asters et des graminées d’automne. Pour composer cette plate-bande de fin de saison, Planter une haie utile cet automne rappelle aussi que novembre est le meilleur mois pour installer arbustes et vivaces.
Garder ses chrysanthèmes demande finalement peu : une taille douce, un paillis, un hiver au sec, un printemps attentif. Quatre gestes pour une fleur qui revient chaque année, au lieu d’un achat annuel qui finit au compost.
Deux précisions utiles pour les débutants. D’abord, le chrysanthème fleurit naturellement à la fin de l’été et en automne, quand les jours raccourcissent : une plante gardée ne donnera pas de fleurs au printemps, son rythme est lié à la durée du jour. Au printemps, surveillez l’apparition de nouvelles pousses à la base avant de conclure que la plante n’a pas repris.
Sources
- Jardiland – Comment prendre soin du chrysanthème pendant l’hiver ?
- Détente Jardin – Que faire de ses chrysanthèmes de la Toussaint ?
- Commune d’Erquelinnes – Ecocim, un projet pilote au cimetière
Questions fréquentes
Un chrysanthème de la Toussaint peut-il refleurir l’année suivante ?
Oui : c’est une vivace à souche rhizomateuse, pas une annuelle jetable. Après la floraison, la partie aérienne fane mais la souche reste vivante et repart au printemps si elle a passé l’hiver sans excès d’eau ni gel sévère. Un chrysanthème conservé peut refleurir à l’automne suivant, selon sa variété et les conditions de culture.
Comment hiverner un chrysanthème en pot ?
Selon votre climat : dehors contre un mur abrité, pot surélevé sur des cales, dans les régions douces ; au garage, à la véranda ou en serre froide, dans un endroit frais, lumineux et hors gel, en climat intermédiaire. Vérifiez régulièrement le substrat et apportez un peu d’eau lorsqu’il sèche en surface, sans le détremper.
Faut-il tailler les chrysanthèmes avant l’hiver ?
En pleine terre, attendez la fin complète de la floraison puis rabattez les tiges à une dizaine de centimètres du sol, sans toucher aux jeunes pousses de base. Ne coupez pas à ras en plein hiver : la moelle des tiges guiderait l’eau jusqu’au cœur de la plante. Ajoutez un paillis de cinq à dix centimètres au pied, sans le coller au collet.
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